L’entrée au collège marque un tournant délicat pour les jeunes, émergeant de l’enfance vers l’adolescence. C’est une période parsemée de défis, où l’identité se cherche au milieu de salles de classe nouvelles et de relations sociales complexes. Les pressions académiques s’intensifient, tandis que les amitiés se transforment. Découvrez dans la BD Jane, le renard et moi l’histoire de collégienne touchante, poétique et juste sur cette période charnière de la vie.

Ah, l’entrée au collège ! Je ne suis pas sûre que beaucoup d’entre nous en garde un souvenir ému qui vous donne des yeux plein d’étoiles. En effet, cette période de transition où les jeunes doivent jongler avec les attentes, souvent contradictoires, de la famille, des pairs et de la société est aussi synonyme de bouleversements et de perte de repères. Les premières amours et les découvertes personnelles se mêlent à l’incertitude. C’est une étape où la recherche de soi se heurte aux normes sociales, créant une équation complexe que beaucoup tentent de résoudre avec plus ou moins de facilité.
Être mis à l’écart au collège amplifie la complexité de cette transition. Les jeunes ressentent souvent le poids de l’isolement, confrontés à la solitude dans des classes où le groupe de camarades est la norme recherchée. Les différences, qu’elles soient physiques ou sociales, peuvent devenir des barrières infranchissables, laissant une empreinte profonde sur l’estime de soi et la confiance envers les autres.
C’est la réalité à laquelle est confrontée Hélène, l’héroïne de notre histoire.
Synopsis : être seule parmi les autres , les souffrances du harcèlement scolaire
Un peu trop ronde d’après ses camarades, Hélène traverse des jours difficiles depuis son entrée au collège où les rires moqueurs résonnent plus fort que tout.
Ses anciennes amies l’ont laissée tomber, préférant les sarcasmes à la camaraderie. Petit à petit les réflexions au quotidien ronge Hélène et modifie la perception qu’elle a d’elle même. Trouvant refuge dans la lecture et l’univers captivant de Jane Eyre, Hélène passe ses journées en compagnie de l’héroïne de Charlotte Brontë. Mais, si Jane Eyre traverse elle aussi des épreuves, elle a au moins la chance d’être très mince. Du moins, personne n’a inscrit des méchancetés à son sujet sur les murs des toilettes… Au fil des pages, se met en place un parallèle entre le destin d’Hélène et celui de Jane. Cette dernière lui donne du courage quand la vie lui donne des coups. Quand Jane est là, le monde retrouve un peu de ses couleurs.



L’annonce d’un voyage scolaire avec toute la classe laisse présager le pire pour Hélène. En plus, ses parents ne semblent pas comprendre son point de vue. Si le début du voyage est chaotique, ce séjour sera t’il finalement une bénédiction pour Hélène ? Entre une rencontre émouvante et l’éclosion d’une amitié naissante, l’aventure prendra une tournure inattendue.
Écrire et dessiner le mal-être de la pré-adolescence
Avec la BD Jane, le renard et moi, les éditions de La Pastèque nous offrent un album magnifique, empreint de sensibilité, qui explore avec délicatesse la transition délicate de l’enfance à l’adolescence et la méchanceté des enfants entre eux. Le texte d’actualité et plein de justesse de Fanny Britt est parfaitement accompagné par le travail d’illustration d’Isabelle Arsenault. On ressent profondément les tourments d’Hélène, souvent minimisés par les adultes. Pourtant, ces épreuves, bien que dérisoires aux yeux des autres, sont tout sauf anodines.


Tout comme l’écriture, le graphisme séduit par sa finesse et sa douceur et l’intelligence dans le traitement des couleurs. Les nuances de gris au crayon dominent, tandis que les aquarelles en couleurs, illustrant certains passages (notamment ceux de Jane Eyre), sont d’une beauté remarquable. La couleur fait son retour dans l’album en même temps que la gaieté dans la vie d’Hélène, comme une lueur d’espoir sur le sujet grave du harcèlement scolaire.
Aller + loin : Un duo magique de québécoises
Fanny Britt est romancière, dramaturge et traductrice québécoise. C’est en 2012 qu’elle écrit avec sa compatriote l’illustratrice Isabelle Arsenault la BD Jane, le renard et moi. Cette magnifique bande-dessinée est traduite en treize langues et gagnante d’une douzaine de prix littéraires. Elle figure aussi sur la liste des « 10 Best Illustrated Books » du New York Times.
Maniant les thèmes actuels avec subtilité et justesse, et servis par le travail magnifique d’Isabelle Arsenault, les différents albums de ces deux québecoises sont publiés en France aux Éditions de la pastèque. Ainsi, si vous aimez le travail de ce talentueux duo québecois, vous prendrez plaisir à découvrir leur deuxième roman graphique, Louis parmi les spectres qui aborde le thème de l’alcoolisme ou encore les magnifiques BDs d’Isabelle Arsenault comme L’oiseau de Colette.


À noter que pour donner accès au plus grand nombre à cette BD, les éditions de la pastèque propose aussi ce livre en version audio.
En conclusion
Une belle bande-dessinée poétique, empreinte d’une justesse exceptionnelle, à lire à tout âge et pouvant être proposée pour un public jeunesse au collège.
Fiche pratique
Editeur | Éditions de la Pastèque |
Nombre de volumes | Volume unique |
Prix unitaire recommandé | 22,20 euros |
Publics suggérés | Young adult, adulte |

Très beau traitement graphique pour une histoire d'actualité
Une vraie écriture qui donne toute la profondeur nécessaire pour traiter les subtilités de l'adolescence et des sentiments liés au harcèlement scolaire
Prix du volume un peu élevé
Sujet difficile qui pourrait être complexe a aborder pour des publics très jeunes( en dessous de 10 ans ) sans accompagnement